III) L'influence sur la santé

 La contamination généralisée de l’environnement (air, eau de pluie, eau de boisson…) et de la nourriture par les pesticides rend inévitable la contamination de l’être humain par ces mêmes pesticides.

 On retrouve depuis 1980 des pesticides dans les tissus adipeux du cerveau, dans le sang, dans le lait maternel, dans le foie, dans le placenta, dans le sperme et dans le sang du cordon ombilical des êtres humains. Ces pesticides sont bien sûr, les plus persistants et qui possèdent des propriétés de bioaccumulation. Des études ont permis de mettre en évidence :

-          La présence de résidus de pesticides organophosphorés (CF partie 1)  dans les urines. Les pyréthrinoïdes sont des insecticides. Une étude allemande s’est intéressé aux métabolites des ces pesticides dans les urines d’un large échantillon de personnes. Ces métabolites étaient présents dans 65% des échantillons.

-          La transmission de résidus de pesticides de la mère à l’enfant pendant la grossesse.

-          La présence de DDE dans le liquide amniotique dans le fœtus de la grossesse.

 Les pesticides sont donc consaments absorbés dans le corps, notamment par la bouche, la peau et la respiration. Ils peuvent provoquer :

-         Des effets immédiats dont les symptômes se manifestent généralement par des maux de tête, une irritation de la peau ou des yeux, des nausées, des étourdissements, un manque d’appétit ou la fatigue.

-         Des effets à plus long terme sur la santé. Parmi les principales conséquences d’une exposition chronique aux pesticides, on retrouve :
• anomalies congénitales;
• neurotoxicité;
• troubles de comportement;
• perturbations du système immunitaire et endocrinien;
• différentes formes de cancer (leucémie, cancer du cerveau, etc.).

 

 

 Les enfants sont plus vulnérables aux effets nocifs des pesticides puisqu’ils risquent davantage d’être exposés aux produits en raison de leur comportement (ils jouent par terre et portent les objets à leur bouche). Les principaux symptômes chez les enfants sont :
• intolérance croissante qui peut mener à l’agressivité;
• impatience;
• déficit d’attention et problèmes d’apprentissage;
• hypersensibilité.

D’autre part, les femmes enceintes et leur fœtus, les utilisateurs professionnels de pesticides et les joueurs de golf sont aussi des personnes à risque.

 

On retrouve donc 2 types d'intoxication :

- Les intoxications aïgues

 Le délai qui sépare l'exposition au produit et l'apparition des troubles est relativement court, de quelques heures à quelques jours, permettant le plus souvent de relier les effets à la cause.

 Les dérivés organochlorés sont le fruits de troubles digestifs (vomissement, diarrhée) suivi par des troubles neurologiques (maux de tête, vertige) accompagné d'une grande fatigue. À ceci succèdent des convulsions et parfois une perte de conscience. Si la personne contaminée est traitée rapidement, une guerison sans séquelles est envisageable. L'intoxication aiguë avec ce type de produit est relativement rare, à moins d'ingestion volontaire (suicide) ou accidentelle (absorption par méprise, dérive de nuage, jet de pulvérisateur…).

 Les dérivés organophosphorés ainsi que les carbamates, en inhibant la cholinestérase (enzyme qui catalyse la réaction d'hydrolyse d'un ester de la choline en choline et en acide acétique) induisent une accumulation d'acétylcholine dans l'organisme débouchant sur une hyperactivité du système nerveux. Les signes cliniques sont des troubles digestifs avec hypersécrétion salivaire, nausée, vomissement, crampes abdominales, diarrhée profuse.

De plus, on trouve des troubles respiratoires avec hypersécrétion bronchique, toux et essoufflement mais aussi des troubles cardiaque (tachycardie (rythme cardiaque plus rapide que la normale) avec hypertension puis hypotension).  

Les troubles neuromusculaires se traduisent par des contractions fréquentes et rapides de tous les muscles, des mouvements involontaires, des crampes puis une paralysie musculaire générale. La mort survient rapidement par asphyxie ou arrêt cardiaque. Un antidote spécifique existe pour cette catégorie de produit : le sulfate d'atropine qui neutralise rapidement les effets toxiques.

 Selon la Mutualité sociale agricole (MSA) et le laboratoire GRECAN, de premières études MSA ont conclu en France qu'environ 100 à 200 intoxications aiguës (irritations cutanées, troubles digestifs, maux de têtes) par an sont imputées aux pesticides.

- Les intoxications chroniques :

Atteintes dermatologiques : rougeurs, démangeaisons touchant plutôt les parties découvertes du corps (bras, visage). Nombre de produits provoquent des problèmes cutanés, dont les roténones responsables de lésions sévères au niveau des régions génitales.

Atteintes neurologiques : les organochlorés font apparaître une fatigabilité musculaire, une baisse de la sensibilité tactile. Les organophosphorés entraînent à long terme, de l'anxiété, de l'irritabilité, de la dépression et de l'insomnie, alliés parfois à des troubles hallucinatoires. Certains provoquent une paralysie, comme les dérivés mercuriels ou arsenicaux.

Troubles du système hématopoïétique : les organochlorés peuvent provoquer une diminution du taux de globules rouges et de globules blancs, avec risque de leucémie.

Atteintes du système cardiovasculaire : les organochlorés développent des phénomènes de palpitation et de perturbation du rythme cardiaque.

Atteintes du système respiratoire : ces atteintes sont souvent en relation avec les phénomènes d'irritation engendrés par bon nombres de pesticides, favorisant ainsi les surinfections et être à l'origine de bronchites, rhinites et pharyngites.

Atteintes des fonctions sexuelles : un nématicide (DBCP) a provoqué chez les employés de l'usine où il est synthétisé un nombre important de cas d'infertilité. D'autres substances semblent impliquées dans la délétion croissante de la spermatogenèse (processus de production des spermatozoïdes). L'embryon peut être touché, même par une exposition à de faibles doses (anomalies génitales, et peut-être risque augmenté de certains cancers et de délétion de la spermatogenèse chez le futur adulte).

Risques fœtaux : des pesticides franchissent la barrière placentaire et ont une action sur l'embryon. C'est le cas du DDT et des phtalimides (fongicide). Il peut survenir des accouchements prématurés ou des avortements, ainsi que des malformations de l'appareil génital du garçon. Il est conseillé à la femme enceinte d'éviter tout contact avec des pesticides entre le 23e et le 40e jour de la grossesse, mais certains produits ont une longue durée de demie-vie dans l'organismes (lindane, DDT par exemple).

Maladies neurodégénératives : Une étude publiée en 2006 a conclu à une augmentation des risques de maladie de Parkinson suite à l'exposition à certains pesticides.

Cancers : Le GRECAN a mis en évidence un plus grand nombre de cancers chez les agriculteurs que dans la population générale, mais avec une occurrence plus élevée de certains cancers (prostate, cerveau (gliomes)...). Il existe dans le monde une trentaine d'études qui montrent toutes une élévation du risque de tumeurs cérébrales. Selon l'INSERM il semble exister une relation entre cancer des testicules et exposition aux pesticides.

 

 

 

 

 

 

 

 

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